Titre du télégramme du 30 juillet 1947

CURIOSITÉ

L'explosion du Ocean Liberty

L'explosion de l'Ocean Liberty à Brest : 28 juillet 1947

Le 28 juillet 1947, alors que Brest tente de se relever de la Seconde guerre mondiale, un liberty Ship explose dans la rade. Le Télégramme nous permet de retracer ce triste événement et les suites de ce drame. 

 

Contexte historique

Après les bombardements de la Seconde guerre mondiale, Brest, lourdement sinistrée, se reconstruit en baraques, infrastructures temporaires et fragiles. Du vieux Brest il ne reste que le château, la Tour Tanguy, certaines parties du quartier de Recouvrance et des faubourgs. 

vue aérienne de Brest 1946 Wikimédia commons
vue aérienne de Brest 1946. Wikimédia commons

 

 

 

Baraque Kérangoff 1950 wiki commons
Baraques à Kérangoff, 1950. Wikimédia Commons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En parallèle, les Etats-Unis lancent le plan Marshall afin de participer à la reconstruction de l'Europe, notamment par un ravitaillement massif par voie marine en matériaux. En effet 2710 liberty ship (des gros cargos), construits en série entre 1941 et 1945 afin de ravitailler les forces alliées, vont désormais être employés à la reconstruction de l'Europe, durement touchée par les bombardements. 

Brest est un port privilégié pour accueillir et décharger ces énormes cargos, de par sa structure et sa situation géographique. 

C'est dans ce contexte troublé que l'Ocean Liberty accoste au 5ème bassin du port de Commerce de Brest le 23 juillet 1947. 

 

Déroulé du sinistre

Le 28 juillet 1947, lors du déchargement de l'Ocean Liberty, un départ de feu est signalé à 12h45. malgré une intervention rapide des pompiers, plusieurs foyers d'incendie se déclarent à la suite d'explosions : sur le liberty ship, sur les docks de la chambre de commerce et dans les dépôts portuaires. 

Dès 13h30, après 3 explosions successives, les autorités du port décident de faire sortir le liberty ship à l'aide d'un remorqueur. Le plan est le suivant : la mer est haute donc il peut sortir du port par la passe de l’est et s’échouer sur le banc de sable de Saint-Marc, accompagné par le remorqueur Le Portzic. 

Cette manœuvre s'avère insuffisante, la Marine décide alors d'envoyer le bâtiment de guerre Le Goumier pour tirer des obus au-dessous de la ligne de flottaison pour essayer de couler le navire en flamme. 

 

à 17h25 se produit une nouvelle explosion qui provoque d’énormes vaques et la projection de morceaux en fusion de la coque du bateau de plusieurs kilos ainsi que de nombreux départs d’incendie. L’onde de choc est ressentie jusqu’à Landerneau. 

 

4 000 à 5 000 immeubles et maisons sont détruits. La rue Jules Guesde et la cité Levot sont démolies. Le bureau de poste est ravagé. De nombreux autres quartiers sont touchés : toits soufflés, vitres brisées… Des installations industrielles, certaines à risques, sont en feu : les réservoirs d’essence de la société de pétrole Jupiter, ceux de la rue du Vieux-Saint-Marc, l’usine à gaz, les hangars de la Chambre de commerce (remplis de nitrate d’ammonium).

 

Bilan de la "catastrophe"

Les hôpitaux de la ville sont très vite surchargés. L’hôpital Ponchelet devient un centre de triage alors que l’hôpital maritime accueille les blessés les plus graves pour les mener directement en salle d’opération. De nombreux blessés son de plus évacués vers des hôpitaux extérieurs à la ville de Brest. 

Une grande partie de la population se retrouve sans abri après la destruction de leurs habitations par les explosions et leurs souffles. Tous les cars et camions sont alors réquisitionnés afin d'évacuer ces personnes. 

À la tombée de la nuit, des rondes de gendarmerie sont organisées dans les quartiers sinistrés afin de prévenir toute tentative de vol. 

Le 30 juillet 1947 le Télégramme titre "La Catastrophe de Brest" et soulève de nombreuses questions soumises à l’enquête des autorités.

Titre Télégramme 30 juillet 1947
Le Télégramme, 30 juillet 1947

 

La ville de Brest est en deuil pendant plusieurs jours après cette catastrophe. Une manifestation est organisée pour les victimes de l'explosion, malheureusement nombreuses à la suite de blessures graves durant les jours qui suivent le sinistre. 

Télégramme du premier août 1947
Le Télégramme, 1er août 1947.

 

 

 

Télégramme du premier août 1947
Le Télégramme, 1er août 1947.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'Etat ne reste pas sans réagir. 250 millions de franc de crédit est accordé par le gouvernement pour la réparation des dégâts et l’importation des nitrates d’ammonium est interdite jusqu’à ce qu’une commission technique statue sur le déchargement de ces produits. 

Une commission d’enquête débute le 1er août 1947 et conclut le 6 août que le nitrate d’ammonium est le seul responsable de la catastrophe. 

 

Ressources : 

Le Télégramme : 

Article du 29/07/1947

Article du 30/07/1947

Article du 31/07/1947

Article du 01/08/1947

Archives filmées sur le site de la cinémathèque de Bretagne : Cours Dajot, explosion